[Propagande] Ukraine : la bataille de Debaltseve

Les-crises, 21 février 2015

[Propagande] Ukraine : la bataille de Debaltseve

« Ils sont rigolos ces journalistes : ils arriveraient à faire oublier que c’est l’armée ukrainienne qui attaque l’Est de l’Ukraine quand même… Et que c’est une armée… »

Le Nouvel obs ici, 18/02

Dans cette ville stratégique située entre Dontesk et Lougansk, le cessez-le-feu n’est jamais entré en vigueur. L’évacuation des troupes ukrainiennes est engagée mais le risque de massacre n’a pas disparu.

Les massacres de l’armée qui tirait sur Donetsk, ce n’est pas important en revanche…

Un checkpoint pro-russe près d'Uglegorsk, à six kilomètres de Debaltseve, le 9 février. (AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET)
Un checkpoint pro-russe près d’Uglegorsk, à six kilomètres de Debaltseve, le 9 février.

“Nous n’avons pas le droit d’arrêter de nous battre pour Debaltseve. C’est une question morale. Il s’agit de notre territoire”. Le chef rebelle de Donetsk, Denis Pushilin, ne peut être plus clair : malgré l’accord signé à Minsk la semaine dernière, il n’a jamais envisagé de trêve pour la ville de Debaltseve et ses environs, une zone contrôlée jusqu’à mardi matin par les troupes de Kiev et passée en grande partie aux mains des séparatistes ce mercredi.

Cette petite poche pro-Kiev en territoire pro-russes est âprement disputée par les deux camps et n’a connu aucun répits depuis des semaines. Au prix de nombreux morts civiles et militaires. Mercredi, malgré l’évacuation d’une partie des troupes encerclées à Debaltseve et l’annonce par le président ukrainien Petro Porochenko de l’abandon par Kiev de la zone, la crainte est grande de voir le bilan s’alourdir encore.

Une situation stratégique

Debaltseve a toujours été un point stratégique sur la carte du Donbass. Elle abrite un nœud ferroviaire situé entre Lougansk et Donetsk, les deux “capitales” des républiques séparatistes de l’est de l’Ukraine. Contrôlée par Kiev, la ville ferait figure de barrière ferroviaire et routière entre les deux seules grandes villes de la future région. Inadmissible pour les pro-russes.

Je ne les défends pas, mais enfin, cela semble aussi inadmissible que d’admettre que les habitants votent pour décider de leur avenir en somme….

 

Notez que c’est une carte réalisée directement par l’armée de Kiev qui illustre cet article, avec plein de lances roquettes en Russie qui tireraient sur l’Ukraine (ou voit mal comment d’ailleurs, constatez où est la ligne de front !)

Indépendance et équilibre des sources donc… Chapeau ! C’est un métier la propagande de guerre…

Mardi en milieu de journée, les rebelles étaient finalement entrés dans la ville, menant des combats acharnés jusque dans les rues, en “face à face” selon le chef adjoint de la police régionale, Ilia Kiva, joint par l’AFP à Debaltseve. Selon lui : “Les rebelles utilisent des mortiers, des lance-grenades et des armes à feu. Il y a des morts et des blessés mais je n’ai pas de chiffres précis car les combats continuent.” De leur côté, les pro-russes ont affirmé en fin de journée avoir pris le contrôle de la gare ferroviaire et de la banlieue orientale de Debaltseve.

La crainte d’un massacre

Principale inquiétude : des bataillons de soldats ukrainiens sont encerclés par des combattants pro-russes, dans la petite bande de terre autour de Debaltseve.

Hallucinant : l’inquiétude est que les soldats se fassent abattre quoi… Mais s’ils exterminent les pro-Russes, no soucy !

Un déblocage des troupes était en cours dans la matinée, en vue de “les sortir partiellement de l’encerclement”, selon le chef adjoint de la police régionale. Mais les combats de rue continuaient.

Et la situation rappelait celle, fin août, de la ville d’Ilovaïsk où de nombreux soldats de l’armée régulière ukrainienne avaient péri encerclés par des pro-russes sans être secourus par Kiev. Le nombre de morts n’a d’ailleurs jamais été officiellement établi.

En fait, elle ne sait donc rien de rien, quoi…

Se peut-il que le sort des soldats ukrainiens repliés sur Debaltseve et ses environs soit scellé de la même façon ? Un corridor peut-il être négocié pour permettre à ces hommes de quitter leur position pour leur éviter la mort, puisque Petro Porochenko a déclaré abandonner le terrain aux pro-russes ?

Le 30 août dernier, c’est ce qui s’était finalement produit à Ilovaïsk. Les soldats s’étaient mis en colonne pour emprunter la route convenue. Avant de subir les bombardements des pro-russes. 120 à 130 eux ont péri alors en quelque 20 minutes, ont raconté les survivants.

Des soldats, toujours une source béton !

Les civils en danger

Et la situation n’est pas seulement catastrophique pour les soldats ukrainiens, elle l’est également pour les civils sur place. Car si de nombreux habitants ont été évacués, quelques milliers restent terrés dans la ville dont des enfants et des personnes âgées. Idem dans les villages alentours.

Les quelques journalistes et humanitaires qui ont pu se rendre sur place ces derniers jours, entre les bombardements, ont dit n’avoir trouvé sur place que “dévastation et souffrance”. Les gens vivent confinés dans des abris souterrains surpeuplés, terrifiés en raison de tirs d’obus et de roquettes quasi ininterrompus, eau courante ni électricité, dépendant presque totalement de l’aide humanitaire.

Ils espéraient un accord de cessez-le-feu. L’accord a été signé. Le cessez-le-feu est toujours attendu.

Source : Céline Lussato, pour L’Obs

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