Journal du Front, 17 novembre 2017

Facebook d’Erwan Castel, 17 novembre 2017

 

Une terre drainée par le sang et la sueur

 

Aujourd’hui dans les derniers spasmes ensoleillés d’un automne s’accrochant au cri des faisans et au vol de oiseaux, je profite d’une accalmie des tirs ukrainiens pour sortir à l’extérieur de notre « forteruine ».

Et je regarde devant moi, les différentes strates de cette terre du Donbass, couronnées de cette couche noire si riche qu’Hitler avait ordonné d’en voler des trains entier pour améliorer les sols les plus pauvres du Reich.

Devant ce livre ouvert par la coupe de la tranchée je me prends à songer aux Hommes qui ont foulé et défendu ce sol depuis des millénaires…

Si seulement cette terre du Donbass, tant remuée par les soldats et les ouvriers de l’Histoire pouvait parler…

… Elle nous raconterait (entre autres) :

Les rassemblements des premières tribus préhistoriques saluant aux sommets des collines rasantes le soleil solsticial,

Le creusement par les sarmates d’une dernière demeure remplie d’or et d’argent offerte à l’une de leurs guerrières,

Les raids esclavagistes des tatars sur les bords de la Mer Noire, à partir de leur tête de pont criméenne,

Les premières processions orthodoxes de la Russie nouvelle unifiée autour de son berceau de La Rus de Kiev.

Le déferlement mongol de la Horde d’or sur les villages et jetant cette steppe sur le grand échiquier aux confins des empires,

Le galop des chevaux rythmant le chants et les libertés des cosaques incarnant cette région russe du Don libérée et restaurée,

Le martèlement des « gueules noires », s’enfonçant dans la houille de la terre à des profondeurs au delà du possible,

Le grondement des panzers bousculant l’ordre soviétique mais réveillant aussi son âme russe éternelle et invincible,

Les chants de victoire de l’armée rouge, ressac victorieux libérant cette terre slave mais aussi l’Europe du nazisme…

Et aujourd’hui, cette nouvelle guerre du Donbass d’ouvrir sur cette vieille terre européenne une nouvelle page de son Histoire héroïque. Chaque tranchée, creusée sous les obus d’une Ukraine suicidaire et folle est un nouveau sillon où les hommes et les femmes de ce peuple magnifique, sous le regard des héros du passé, sèment à nouveau par leur courage et leur foi, l’espérance de leurs libertés conquises.

Si cette terre noire du Donbass est sacrée c’est aussi parce qu’un pacte éternel a été signé dans le sang et la sueur de ses enfants, ces enfants de la grande Russie qu’elle nourrit depuis des millénaires et qui ont juré de défendre leur mère patrie…

Et si cette terre noire ne parle pas, alors des Hommes la chanteront encore et toujours !

 

L’image contient peut-être : plein air et nature