Mission de mai 2019

7ème mission : du 8 au 11 mai 2019

 

Nous sommes à nouveau repartis dans les terres du Donbass à l’occasion du 5ème anniversaire de la jeune République. Notre programme était le suivant : retrouver nos amies Marina et Lena de l’association Renaissance du Donbass avec lesquelles nous travaillons maintenant depuis 2015, entreprendre une action humanitaire commune avec l’association Vostok d’Elena et enfin rencontrer Andreï Lyssenko dont Svetlana Kissileva, photographe au journal Novorossia nous avait beaucoup parlé (cf. article de Svetlana Kissileva du 14 novembre 2018). Cet homme, avec son équipe, mène une vie incroyable et sème la bonté depuis maintenant 5 ans sur toutes les routes du Donbass. Nous reviendrons plus longuement sur ses actions humanitaires au cours de ce compte-rendu, et nous sommes fiers, au nom des donateurs d’Urgence Enfants du Donbass, d’avoir pu l’accompagner et ainsi aider des familles tout au long de notre périple. Jamais nous n’avions été plus au cœur du pays et proche des gens qui souffrent tous les jours, depuis 2014, de la situation indigne dans laquelle leur pays est plongé.

 

8 mai 2019

La ville ne semble pas avoir beaucoup changé depuis l’an passé. Mais nous savons que derrière ces immeubles se cachent des quartiers dévastés, des maisons en ruine et des familles qui ne savent plus où aller pour garder la vie sauve. Nous voyons les drapeaux et autres décorations qui ornent le centre-ville en vue des festivités à venir. En effet demain aura lieu le défilé qui fêtera l’anniversaire de la fin de la Guerre patriotique.

A notre arrivée nous reprenons contact avec nos amis, entre autres Erwan Castel qui nous relate les derniers événements du front. Celui-ci se bat aux côtés de ses camarades miliciens depuis maintenant 5 ans, il met sa vie en jeu tous les jours. Ses récits sont disponibles sur son site Alawata. Marina se joint à nous également avec sa ravissante fille Sonya. Son amie Lena, avec laquelle elle apporte secours aux familles depuis 2014, vient d’accoucher d’un petit garçon et ne sera pas avec nous pendant cette mission.

 

Au cours de la soirée, nous faisons la connaissance d’Andreï et de sa femme Elena. Voici son récit :

En 2014, chaque habitant se devait de participer à des patrouilles automobiles de Marienka à Donetsk afin de surveiller l’avancée des troupes ukrainiennes. Andreï ne souhaitait pas porter d’arme, son combat était d’aider son prochain. Ainsi, après son travail, il allait aider par ses propres moyens ses voisins. Il a rencontré de cette manière Edouard, qui l’accompagne depuis lors. Le 26 mai il était vers l’aéroport international, et a vu l’hélicoptère qui a détruit l’ensemble des bâtiments. Il a sauvé la vie à ce moment-là d’une journaliste italienne qui faisait un reportage. Il a commencé ainsi à faire ses propres films qu’il mettait sur Youtube et de cette manière, a commencé à se faire connaître. Il a lancé l’idée des « paquets », à savoir faire les courses en grande quantité et remisées dans des sacs qu’il a commencé à distribuer aux familles nécessiteuses et surtout éloignées de la capitale. Ces familles n’ont pas accès aux aides humanitaires car elles n’ont plus les moyens de se rendre à Donetsk ou sont toujours sous les tirs ennemis. Elles sont de ce fait encore plus vulnérables, et comme oubliées du monde.

Les vidéos d’Andreï ont beaucoup de succès et les dons affluent rapidement, du monde entier. Elles sont disponibles sur son site facebook. Il y reporte toutes les missions que son équipe et lui effectuent. Il nous parle de sa lassitude qui le prend parfois. La vie est difficile pour lui et sa famille aussi, mais chaque appel de détresse le remet en selle avec ses amis bénévoles et sa femme, toujours présents autour de lui.

 

9 mai 2019

Le défilé en l’honneur de la fin de la Guerre patriotique débute. Nous avons la chance de prendre le café juste à côté de Vovka, qui a repris le commandement du bataillon Sparta suite à l’assassinat de son ancien commandant, le fameux Motorola.

 

 

Nous assistons au début du défilé puis partons à la rencontre d’Andreï en compagnie de Svetlana et de Marina. Nous partons en périphérie et nous arrêtons devant un ancien hypermarché Auchan.

En compagnie de ses amis, nous faisons les courses. L’équipe est bien rôdée : chacun prend un chariot et se dirige vers un rayon. On se retrouve avec 6 chariots lourdement chargés de victuailles et de produits divers.

 

 

L’équipe redistribue le tout dans des sacs. Le montant des achats se monte à 55.000 roubles environ et l’équipe d’Andreï remplira environ une cinquantaine de sacs que nous pourrons donner aux familles des quartiers défavorisés de Donetsk.

 

 

En voiture, Andreï nous explique qu’il s’appuie sur un réseau de « responsables de quartier » pour être tenu au courant des difficultés et des urgences. C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Natalia, dans le quartier de Petrovsky à Donetsk. Celle-ci nous raconte des histoires atroces, de familles démunies qui ne savent plus comment nourrir leurs enfants en raison d’un mari tué, de maisons bombardées dont les toits touchés ne les protègent plus des intempéries. Pourquoi reconstruire puisque les bombardements ne cessent pas ? Les personnes âgées sont encore plus touchées car elles ne perçoivent plus les pensions de Kiev, et la jeune République de Donetsk ne peut encore leur verser qu’un pécule qui est insuffisant pour le moment.

Natalia est médaillée « Résistance » et montre une énergie formidable. Malgré la situation, elle gère son quartier avec passion et empathie. Elle connaît tout le monde et sait quelle famille est la plus nécessiteuse. On entend des tirs au loin. Elle nous précise : chaque tir, c’est une vie partie, une maison détruite, et toujours une famille et des enfants traumatisés.

 

 

Nous partons vers la « zone grise », une zone prétendûment sans combat et qui délimite la frontière entre l’Ukraine et la RPD. Mais cette zone contient bien souvent des villages qui se retrouvent au milieu des combats qui ont tout de même lieu. Les habitants sont laissés en l’état. Ils n’ont pas la possibilité d’aller ailleurs car soit ils sont trop âgés, soit ils n’en ont tout simplement pas les moyens.

Nous nous arrêtons à Alexandrovka visiter un vétéran de la seconde guerre mondiale, âgé de 93 ans, à qui nous offrons un bouquet de fleurs et un sac alimentaire. Andreï a coutume, le 9 mai, de visiter les personnes ayant participé à la guerre.

 

 

 

Nous reprenons la route, et visitons une famille. La maman était enceinte lorsque son mari a été tué. Son garçon n’a jamais connu son papa. Elle est prise de tremblements qui l’handicapent dans la vie quotidienne.

 

 

Le prochain village s’appelle « 12 » en raison du numéro donné à la mine qui le surplombe.

 

 

Natalia nous amène ensuite dans un endroit incroyable. Il s ‘agit d’une ancienne école transformée en église. Celle-ci a été entièrement détruite. L’Etat n’a pas les moyens de reconstruire l’édifice, les habitants du quartiers font appels aux dons personnels. Les objets liturgiques ont été ramenés dans une petite salle pour continuer le culte. Le jardin accueille deux monuments aux morts, le premier dédié aux tués de la Guerre patriotique et le second aux habitants du quartier qui sont morts dans cette guerre sans nom. Natalia a une histoire pour tous les noms inscrits sur la liste. Elle connaît les circonstances de la mort de chacun d’entre eux.

 

 

 

Andreï nous conduit ensuite à une station-service, toute proche du check-point. Nous nous trouvons à 500 mètres du front. Nous entendons à nouveau des tirs.

La station-service n’en a plus que le nom car elle ne fonctionne plus. Quelques familles nous attendent, elles ont été averties par l’équipe d’Andreï qu’une distribution de paquets alimentaires les attend.

 

 

Nous continuons nos visites, et seule la bonne humeur d’Andreï nous maintient debout. Le spectacle de ces familles est éprouvant. Les sourires devant notre venue allègent le malaise que nous ressentons devant le drame qu’ils sont obligés de subir. Comment imaginer que tant de drames se jouent à quelques heures de vol de Paris, et ce dans le silence absolu de nos médias ??

Nous rencontrons un groupe de femmes qui nous disent manquer de charbon. Les mines aux alentours ne sont plus en service car elles sont trop proches de la ligne de front et donc au cœur des combats. Ces femmes nous montrent leurs maisons dont les ouvertures sont obturées par du papier. Elles nous expliquent que c’est pour se cacher des tireurs qui sont à l’affût sur les hauteurs du terril.

Cette grand-mère nous explique qu’elle recueille, depuis que sa fille est morte, ses trois petits-enfants. Nous prenons conscience qu’aider les personnes âgées c’est aider aussi les orphelins qu’ils hébergent.

 

 

 

Et la journée continue, avec son lot d’histoires horribles. Voici le monsieur qui a perdu ses deux jambes et qui se déplace sur une planche à roulettes. Il ramasse tous les jours des balles ou des douilles dans le potager qu’il continue de cultiver.

 

 

Une dame nous présente son mari devenu aveugle depuis qu’il ne reçoit plus les médicaments nécessaires. Au gré de notre marche nous rencontrons d’autres gens, des grands-mères accompagnées de leurs petits-enfants, ou seules.

Photos diverses au gré de nos rencontres dans le quartier de Troudovski (quartier sud-ouest de Donetsk parmi les plus bombardés).

 

Arrêt au milieu d’un groupe d’immeubles, où des mamans nous attendent sur le parking.

 

Sur le retour vers le centre-ville, nous nous arrêtons dans un hôpital pour visiter un père de famille, Sergueï, victime  d’un  tir de tireur d’élite à Petrovsky et qui doit se faire opérer.

 

 

Nous retournons après cette journée riche en émotion au centre-ville de Donetsk. Nous nous arrêtons sur les lieux de l’attentat qui tua le Président Zakhartchenko le 31 août 2018.

 

 

Nous rentrons épuisés, et sous le coup de l’émotion de cette journée. Demain nous accompagnerons à nouveau Andreï et son équipe pour une mission qui nous amènera tout au Sud, sur les bords de la mer d’Azov, à 120 kilomètres de Donetsk.

 

10 mai 2019

Tôt le matin, l’équipe se réunit : Andreï et ses amis Edick et Vitali, Svetlana Kissileva et Marina Zakharova. Nous embarquons dans un des véhicules et nous rendons au supermarché pour faire nos emplettes. Un petit tour à une station-service avec un prix de l’essence qui nous fait bondir : 0,39 euros le litre !

Grande tournée de chariots dans le supermarché :

 

Le total de cette course se monte à 39.000 roubles : cela suffit à remplir 44 sacs exactement. Un sac suffit à nourrir une famille avec deux enfants environ pendant une semaine.

Certains sacs contiennent plus de lait pour les familles qui ont des enfants en bas âge, ainsi que des couches-culottes, qui, comme partout, coûtent très chers ici également.

Nous achetons également des vitamines dans une pharmacie pour les enfants en bas-âge.

 

 

Nous prenons la route vers le Sud, et nous passons à travers divers villages en empruntant des routes parallèles afin d’éviter autant que possible les zones de tirs. Petite halte devant un monument.

 

 

Notre première grande halte se fait à Ïasnoïe, près de Dokoutchaïevsk. On entend les tirs au loin, ponctués d’explosions. Personne n’est tranquille et on regarde, inquiets, les alentours.

Les rues sont désertes, les habitants se terrent dans leurs maisons.

 

Les terrains de jeux ne résonnent plus des cris d’enfants, car ceux-ci sont maintenus au domicile de leurs parents qui craignent pour leurs vies. En effet, on remarque les traces de balles et d’éclats d’obus sur les façades de la plupart des maisons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici, il n’y a plus de magasins alimentaires, ni de docteurs. Les habitants doivent survivre avec ce qu’ils cultivent et demander à des proches de leur amener leurs médicaments ordinaires, quand ils peuvent les acheter.

Nous sortons les sacs du fourgon, les habitants commencent à affluer : la responsable a été alertée par Andreï de notre venue et les familles nous attendent. Certaines personnes âgées, infirmes, se traînent vers nous malgré leurs handicaps, vers nos fourgons. Nous avons le cœur serré de voir tant de gens dans le besoin et malheureusement nous ne pourrons pas donner à tout le monde.

 

 

Les habitants regagnent leur domicile assez rapidement car il ne faut pas rester groupés dans les rues du village. En effet, nous formerions une trop bonne cible pour les tireurs ennemis installés au-dessus des collines environnantes. Les habitants d’ailleurs nous montrent du doigt les positions de l’ennemi. Andreï nous précise que nous longeons la ligne de front depuis Donetsk et ce sera ainsi jusqu’au terme de notre journée.

 

Les voitures sont aussi prises comme cible, mais celle-ci continue de rouler…

 

 

Nous quittons le village pour nous rendre dans Starobiechevo où les gens ici aussi manquent de tout. Ils se précipitent sur les sacs, de peur de ne rien recevoir. On voit les grands-mères qui tentent d’accélérer le pas malgré leurs blessures aux jambes (beaucoup de personnes atteintes de phlébites, varices, diabète). Nous traversons le village de Stila, entièrement bombardé en 2014 et dont il ne reste que des ruines. On passe également devant le village de Komsomolskaya, un village fermé car les militaires y stationnent.

 

 

Nous nous arrêtons pour un déjeuner bien mérité et mangeons des chibouniriki cuisinés devant nous.

 

 

Andreï continue de nous raconter ses différentes missions. Avec l’agent récolté en visionnant ses actions, il arrive à remplir une soixantaine de sacs de denrées alimentaires et produits variés. Il y a des semaines plus ou moins fastes,  selon les dons reçus. Il essaye d’aider régulièrement les mêmes familles qui sont le plus dans le besoin, mais il y a tant à faire. Il se fait parfois accompagné d’étrangers, comme nous, qui ont fait sa connaissance par internet et qui souhaitent l’aider dans son action humanitaire. Ses films sont appréciés car il montre la réalité telle qu’elle se présente dans son pays, qui est loin de ce que nous montre les médias occidentaux. Ses films sont disponibles sur Youtube, sa page Facebook ou VK.

On reprend notre route vers le Sud, et la mer d’Azov. Nous longeons cette fois-ci la frontière russe et arrivons sur le front de mer. La République de Donetsk est établie sur environ 50 kilomètres de façade maritime.

Nous nous rendons à Sakhanka, et plus spécialement son école. Celle-ci a été construite en 1954, et a dû fermer momentanément en 2015 en raison des bombardements. Elle a été touchée durement mais continue toujours à accueillir les enfants.  Le dernier bombardement important a eu lieu le 19 mars 2019, il a fait éclater les vitres de l’école. Aujourd’hui,les enfants ne sont pas présents, car c’est un jour férié. Il en reste encore environ 28 sur les 150 : leurs parents ont réussi à trouver un moyen d’aller vivre ailleurs, mais ce n’est pas le cas pour tous. La directrice de l’école nous accueille et nous fait visiter l’établissement.

 

 

Visite des salles de classe :

 

A l’intention des enfants, une petite salle a été consacrée à l’histoire du pays :

 

 

A l’intérieur, des grands-mères nous attendent fébrilement. Certaines n’osent pas nous regarder, saisies par la honte de devoir demander l’aide d’autrui. Les mères de famille nous disent qu’elles manquent de vêtements, notamment pour l’hiver. Marina se propose, par le biais de son association Renaissance du Donbass, de revenir leur donner ce qu’il faut. Bravo Marina !

 

 

Dans la salle de classe du premier étage, la directrice attire notre attention sur la fenêtre. Sur celle-ci, une jolie colombe de la paix est fixée. Au loin, nous dit-elle, à 700 mètres, stationne le régiment Azov. Ce sont eux qui nous tirent dessus tous les jours, même lorsque les enfants sont présents.

 

 

Justement, la directrice nous prend à l’écart. Venez, dit-elle, je vous montre comment nous faisons la classe ici lorsque les forces ukrainiennes se défoulent sur notre village.

Elle nous amène au sous-sol et pousse une porte très lourde et nous pénétrons dans un couloir obscur. Elle allume la lumière et nous voyons tout d’abord une salle encombrée de vieux mobiliers, puis une seconde.. qui ressemble à une salle de classe tout à fait ordinaire. Lorsque les bombardements sont plus nourris, ou les tirs plus précis, nous faisons descendre les enfants dans la cave, pour les mettre à l’abri !

 

 

Après cette visite nous baignons dans une atmosphère pesante. Andreï s’impatiente. Il n’aime pas rester longtemps au même endroit. Il sait que nous sommes observés et ne tient pas à se faire remarquer. Nous filons à travers le village sur une route complètement à découvert. Andreï est nerveux et scrute les alentours. Sur cette route, nous précise-t-il, six voitures ont déjà sauté.

Nous décidons de nous rendre au bord de mer pour évacuer ces émotions  avant de continuer la mission.

 

Après ce repos bien mérité nous repartons. Nous avons encore des villages à visiter et des gens à voir. Notamment une jeune fille, Svetlana. Celle-ci est handicapée, et ne peux se déplacer qu’en fauteuil roulant. Sa colonne vertébrale est fracturée et elle restera paralysée à vie. C’est grâce à Andreï et son équipe qu’elle recevra aujourd’hui un fauteuil flambant neuf. En effet, un donateur allemand, ému en regardant les reportages d’Andreï, a récolté assez de dons autour de lui pour offrir ce fauteuil.

 

 

Nous nous dirigeons ensuite vers le village « sans nom » : Biezimienoïe. Nous y rencontrons une grand-mère toute en sourire, Zina, 93 ans. Celle-ci travaille toujours dans son potager. Elle est très émue de notre venue et nous remercie de son merveilleux regard bleu.

 

 

Nous rentrons vidés de nos forces, mais heureux d’avoir rendu le sourire à toutes les personnes que nous avons visitées. Ils ont tant besoin d’aide !

 

11 mai 2019

Nous resterons toute la journée à Donetsk, avec les autres délégations étrangères invitées par la République .

Nous sommes conduits tout d’abord sur les lieux du futur parc Alexander Zakharchenko.

 

 

Nous allons ensuite amenés au Parc Leninskiy Komsomol, pour visiter l’exposition de photos « Avoir foi en l’avenir ».

 

 

Au même endroit, la jeune République organisait une exposition sur les dernières productions industrielles.

 

 

Puis nous nous rendons au Théâtre national pour assister comme tous les ans à la cérémonie officielle de l’anniversaire de la République en présence du Président Denis Pouchiline et d’une délégation de députés russes.

 

Puis retour à la place centrale pour assister au défilé.

 

Voilà que s’achève une journée bien remplie. Demain nous reprendrons nos activités humanitaires.

 

12 mai 2019

Nous sommes rejoints par un ami français qui réside sur place : Philippe Khalfine, journaliste à Newsfront.

Il nous propose de réaliser une interview sur nos actions.

 

 

Nous rejoignons par la suite Elena, la correspondante sur place de l’association Vostok. Cette association humanitaire qui officie depuis 2014 au Donbass, nous a proposé de travailler ensemble pour sauver des enfants atteints de graves malformations cardiaques. Les petits malades viennent de loin, en l’occurrence ceux que nous voyons ce matin arrivent de Lougansk, complètement désertés par les docteurs. Les hôpitaux ne fonctionnent plus que pour les urgences.

L’argent récolté par Vostok sera versé aux familles qui se rendront à Rostov pour acheter les médicaments et les matériels nécessaires. Cela fait maintenant 2 ans que le Dr. Konov attendait cet argent pour réaliser ces 3 opérations. Grâce aux donateurs d’Urgence Enfants du Donbass, un quatrième enfant pourra être sauvé : 70.000 roubles sont versés pour cela.

Nous faisons la connaissance du Dr. Vladislav Konov, chirurgien cardiologue à l’hôpital ACKB. Celui-ci nous présente les 3 petits enfants qui doivent se faire opérer prochainement.

Les enfants : Sonia, 6 ans, Ievgueni, 2 ans, et Sacha, 3 ans, tous gravement atteints :

 

 

Le Dr. Konov nous explique les problèmes financiers qu’il rencontre depuis le début de la guerre. Ils ont un gros problème de financement. Les convois humanitaires qui ramenaient du matériel médical ont cessé depuis 6 mois environ, et il vide ses réserves. Ils ont besoin de tout : pansements, médicaments, matériels. Une opération basique coûte entre 50.000 et 100.000 roubles -hospitalisation et soins intensifs compris, or analyses.

Depuis la guerre, les sociétés pharmaceutiques ne leurs vendent plus leurs produits. Les médecins sont donc obligés d’envoyer les parents à Rostov avec la liste du matériel et des médicaments à acheter.

Il nous explique également que l’hôpital était prêt à déménager dans un bâtiment neuf et pour ce faire, du matériel de haute technologie a été acheté pour y être aménagé. Or celui-ci est depuis resté dans les cartons. A présent, ils ne peuvent plus se procurer les consommables des anciens matériels : câbles, ampoules, pièces détachées, lorsqu’une  panne survient. Le médecin nous fait visiter l’établissement, les chambres sont généralement équipées pour 4 enfants avec un coin lavabo.

Tout est délabré et dans un état pitoyable, malgré les tentatives de remettre à neuf certains espaces.

 

 

Ainsi s’achève cette septième mission d’Urgence Enfants du Donbass.

 

Merci aux donateurs qui continuent de nous faire confiance ;

Merci à Svetlana Kissileva de se montrer toujours aussi disponible pour nous et d’accepter que j’utilise ses photos ;

Merci à Marina et bonne continuation pour les actions qu’elle continue de mener dans son quartier ;

Bravo et un grand merci à Andreï Lyssenko, sa femme Elena et son équipe, d’avoir permis que nous l’accompagnions pendant deux jours ;

Merci à Erwan Castel et courage pour les combats que tu mènes.

 

 

 

Dernières nouvelles depuis notre retour :

Le Docteur Konov nous a recontacté mi-août  pour nous annoncer que l’argent versé par Urgence Enfants du Donbass aura servi à opérer la petite Daria le 15 juillet, avec succès. Ci-joint les photos de la lettre de remerciement et  de l’enfant après son opération.